Café Procope

Le café Procope est un célèbre, et l'un des plus anciens, cafés - restaurants de Paris. Il se situe au 13, rue de l'Ancienne-Comédie, dans le 6 e arrondissement.



Catégories :

Café (établissement) - Restaurant par type - Type de restaurant - Restaurant - Entreprise de restauration - Restaurant parisien - Restaurant en France - Entreprise française de restauration - Entreprise de restauration par pays - Histoire de Paris - 6e arrondissement de Paris - Géographie de la Révolution française - Monument historique de Paris - Inscrit monument historique (France)

Café Procope

Devanture du café Procope.
Devanture du café Procope.

Présentation
Période ou style
Type Café-restaurant
Date de construction 1684
Classement Monument historique
Géographie
Latitude
Longitude
48° 51′ 11″ Nord
       2° 20′ 19.5″ Est
/ 48.85306, 2.33875
 
Pays France
Commune Paris
Monument - Monuments par pays

Le café Procope est un célèbre, et l'un des plus anciens, cafés-restaurants de Paris. Il se situe au 13, rue de l'Ancienne-Comédie, dans le 6e arrondissement. Il est aussi accessible par le passage de la Cour du Commerce-Saint-André.

Café d'artistes et d'intellectuels, il était fréquenté au XVIIIe siècle par Voltaire, Diderot et d'Alembert. Centre actif durant la Révolution française, il reste longtemps un lieu de rencontre d'écrivains et d'intellectuels (Musset, Verlaine, Anatole France), d'hommes politiques (Gambetta) et le Tout-Paris.

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Historique

La genèse

Vingt ans après l'introduction d'une boisson tonique du nom de «café» à la cour de France, un Arménien du nom de Grégoire, originaire d'Ispahan, ouvre un café rue Mazarine (près la rue Guénégaud ainsi qu'à côté du théâtre de la Comédie-Française). Quand le théâtre quitte cet emplacement pour aller rue des Fossés Saint-Germain (qui devient ensuite rue de la Comédie, puis de l'Ancienne-Comédie), en 1680, Grégoire déménage son café. Il vient alors s'installer en face et fait prospérer ses affaires en attirant la nombreuse clientèle du monde du spectacle.

Le Procope au XVIIIe siècle

Le café Procope au XVIIIe siècle :
au second plan, de gauche à droite : Condorcet, La Harpe, Voltaire et Diderot.

En 1686, Francesco Procopio dei Coltelli (qui francise son nom en François Procope-Couteaux), un Sicilien de Palerme, qui avait servi comme garçon chez un autre cafetier arménien du nom de Paxal, et qui possédait un café rue de Tournon, rachète à Grégoire son établissement qu'il fait luxueusement décorer.

Plaque positionnée en légende d'un portrait de Benjamin Franklin au café Procope

L'établissement, qui porte désormais le nom de «Le Procope», devient rapidement l'un des cafés littéraires les plus courus, attirant des auteurs comme Voltaire ou Rousseau, qui y ont leurs habitudes. [1], [2], [3]. Il concurrence même le café de la Place du Palais-Royal, fondé cinq ans plus tôt (qui devient le café de la Régence[4]. La «légende» du café dit que Diderot y écrivit des articles de l'Encyclopédie, que Benjamin Franklin y «prépara le projet d'alliance de Louis XVI avec la nouvelle République»[5] et qu'il y aurait conçu des éléments de la future Constitution des États-Unis.

Montesquieu fait allusion au café Procope dans la 36e des Lettres persanes[6] :

«Le café est particulièrement en usage à Paris : il y a la plupart de maisons publiques où on le distribue. Dans quelques unes de ces maisons on dit des nouvelles, dans d'autres on joue aux échecs. Il y en a une où on apprête le café de telle manière qu'il donne de l'esprit à ceux qui en prennent : au moins, de tous ceux qui en sortent, il n'y a personne qui ne croie qu'il en a quatre fois plus que quand il y est entré.»

Le Procope sous la Révolution française

Le club des Cordeliers se réunit au café Procope, avec Danton et Marat comme figures principales. Il en fait alors rapidement un foyer révolutionnaire. Robespierre, dont un portrait figure en vitrine, et les Jacobins y ont aussi leurs habitudes. Sur un des murs, on trouve une citation de Camille Desmoulins :

«Ce café n'est point orné comme les autres de glaces, de dorures et de bustes, mais il est paré du souvenir de Grands Hommes qui l'ont fréquenté et dont les ouvrages en couvriraient les murs s'ils y étaient rangés.»

Le bonnet phrygien (coiffure des affranchis durant l'Antiquité) y est exhibé pour la première fois, et le mot d'ordre pour l'attaque du palais des Tuileries, le 10 août 1792, en partit. La table que Voltaire utilisait sert d'autel votif lors du passage de ses cendres, en 1794, puis pour les cercueils de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau et de Jean-Paul Marat, en route pour le Panthéon.

Architecture et décoration

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 est reproduite sur les murs de l'une de salles. Les portes des toilettes comportent les indications «Citoyens» et «Citoyennes», respectivement pour les hommes et les femmes[7], et de nombreux documents évoquant la Révolution sont présents aux murs. Un chapeau de Napoléon se trouve surtout présenté dans l'entrée.

La façade avec ses balcons en fer forgé, mais aussi la toiture correspondante, ont fait l'objet d'une inscription aux monuments historiques par un arrêté du 20 janvier 1962[8].

Galerie

Notes et références

  1. Auguste Lepage, Les cafés artistiques et littéraires de Paris, Martin Boursin, Paris, 1882, 317 p. , chap.  II («Le Café Procope»), p.  35–42 .
  2. Jacques Demougin (dir. ), Dictionnaire historique, thématique et technique des littératures, vol.  2 : L-Z, Larousse, Paris, 1986, 1862 p. (ISBN 2-03-508302-8)  .
  3. Gérard-Georges Lemaire, Les cafés littéraires : Vies, morts et miracles, La Différence, Paris, 1997 (ISBN 2-7291-1170-0)  .
  4. Sur le Procope et le Café de la Régence, voir Lemaire, op.  cit. et Jacques Protat, Le Cabaret new-yorkais : Prolégomènes à l'analyse d'un genre spectaculaire, thèse de doctorat, université de Bourgogne, Faculté de sciences humaines, École doctorale 202, Département de sciences de l'information et de la communication, déc. 2004, 716 p., p.  41.
  5. Il s'agit du Traité d'amitié et de commerce, conclu entre le Roi et les Etats-Unis de l'Amérique septentrionale le 6 février 1778 conclu et signé par Conrad-Alexandre Gérard, syndic royal de la ville de Strasbourg et secrétaire du Conseil d'Etat, et Benjamin Franklin, Silas Deane et Arthur Lée, députés du Congrès Général des Etats-Unis de l'Amérique septentrionale. Voir Traité d'alliance franco-américaine de 1778.
  6. Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, Lettre 36. Usbek à Rhédi, à Venise.
  7. Les hommes pourront lire sur le mur de leurs commodités une citation attribuée à Voltaire : «Les femmes sont comme les girouettes ; lorsqu'elle s sont rouillées elle se fixent» (d'après une réplique de Lisette dans Le Dépositaire, acte IV, scène 1). Voltaire a utilisé cette image à plusieurs reprises, l'appliquant à lui-même : «Je suis assez identique aux girouettes, qui ne se fixent que lorsqu'elle s sont rouillées», rédigé-il au comte d'Albaret dans une lettre du 10 avril 1760.
  8. Notice no PA00088496, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.

Lien externe

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"Le café Procope."

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 18/11/2009.
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