Restoroute

Les Restoroutes sont le nom donné en France, en Belgique et en Suisse aux restaurants localisés sur les aires d'autoroute.



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Pictogramme Restoroute

Les Restoroutes sont le nom donné en France, en Belgique [1] et en Suisse[2] aux restaurants localisés sur les aires d'autoroute.

Créateur des premiers Restoroutes, Jacques Borel est en particulier le premier restaurateur à introduire les hamburgers en France avec la marque Wimpy. Il lance dans ces restaurants la séparation entre mangeurs et dispositif de production. Il transforme le repas respectant les traditions, qui propose un aliment toujours affectivement identifié et où le mangeur connaît personnellement celui qui a cuisiné le produit, en une production et une transformation alimentaire industrielles.

La genèse

Jusque dans les années 1960, l'autoroute est toujours une voie de circulation réduite à plus simple expression, dont les divers équipements sont plutôt spartiates. En ce qui concerne les aires jalonnant le parcours des plus grands axes autoroutiers de France, seule une poignée d'entre elles sont équipées d'une station-service mais il est impossible de s'y restaurer de manière conséquente. Les autres aires étant uniquement pourvues d'un sommaire parking longeant précisément le tracé des voies, mais aussi de toilettes publiques et de robinets fabriqués à la hâte. Un engorgement de ces aires toutes catégories confondues se fait sentir lors des migrations estivales quoique de nombreux usagers ignorant l'usage des aménagements préfère s'en remettre aux bandes d'arrêt d'urgence pour faire leur pose pique-nique ou pour se dégourdir les membres après de longues heures. C'est sur le constat de cet état des lieux et dans une époque où les habitudes se modifient au sein de la société que Jacques Borel se lance seul dans l'hôtellerie-restauration sur autoroute pour répondre aux besoins des automobilistes les plus pressés.

Des contrats sont signés avec les sociétés concessionnaires d'autoroutes à péage de l'époque pour greffer ses premiers établissements près des stations-services autoroutières, moyennant au préalable l'agrandissement de la surface des parkings et la création d'emplacements supplémentaires de parcage pour les camions et les autocars. Dans un souci de rentabilité car l'idée était toute neuve en France, il a reproduit l'architecture des restaurants autoroutiers à l'italienne bâtis sur des ponts-béquilles, préférant ne pas prendre le risque d'allonger les temps d'amortissements avec des établissements implantés de chaque côté des voies sur un même couple d'aires. N'importe qui est supposé y gagner : son créateur ayant mis au point une stratégie particulièrement rationnelle sur le plan économique et des automobilistes qui ne seront plus obligés de quitter l'autoroute pour aller se restaurer et dormir. L'accent est mis sur la qualité et la rapidité de la prestation : c'est le dispositif du self-service qui est choisi pour faire face à l'affluence massive de la clientèle, servant à servir un nombre de repas plus important dans un temps donné et ce, au grand dam des établissements respectant les traditions de restauration. La carte présente dès le lancement de la chaîne un large choix en plats chauds qui se retrouve particulièrement vite diminué : les plats les plus fréquemment choisis et demeurant désormais à la carte sont les fameux "steak-frites" ou cuisses de poulet avec légumes puis jambon braisé à la sauce.

Un concept tout nouveau qui paraît séduisant en cette époque de changement des modes de vies...

Le lancement

Les deux premiers établissements de restauration sont ouverts au public en 1968 sur les aires de Venoy (A6) et d'Assevilliers (A1). Dès l'année suivante, le nombre d'établissements se multiplie au gré de l'ouverture de nouveaux tronçons d'autoroutes. Le premier hôtel autoroutier est implanté dans l'enceinte de l'aire de Saint-Albain sur l'A6, il ouvre ses portes au début des années 1970.

Controverse

Dès son lancement, cette chaîne souffre d'une mauvaise réputation de la part des usagers, qu'ils soient professionnels de la route ou simples touristes. Selon de nombreux témoins, la nourriture servie aurait été de très mauvaise qualité par manque de fraîcheur et le cadre trop industriel pour l'époque, faisant ressembler chaque établissement à celui d'une quelconque cantine. Le rapport humain entre les employés au service et la clientèle s'en trouve profondément modifié, productivité et standardisation à tous niveaux aidant. On rapporte même que certains consommateurs auraient manifesté des problèmes de santé passagers suite à des repas pris dans l'un des restaurants de la chaîne, laissant croire que les plats consommés sont en réalité périmés de date par conséquent toxiques. En outre, l'application d'une double tarification séparant les automobilistes des conducteurs routiers était vue à cette époque d'un particulièrement mauvais œil, les prix pratiqués étaient déjà trop élevés en comparaison à ceux d'autres établissements de même catégorie localisés hors autoroute.

"Borel" et ses caricatures

Le film L'Aile ou la Cuisse (1976) dont le fameux personnage de Tricatel représentait la doublure diabolique de Jacques Borel n'a pas contribué à arranger son image de marque.

La fin de l'empire et le renouveau

C'est à l'aube des années 1980 que la totalité des usagers préfère ignorer les restoroutes en se rabattant sur les établissements respectant les traditions localisées en ville, mais également le long des routes nationales. Les relais routiers voient leur clientèle revenir à eux, les conducteurs professionnels ayant fui à leur tour les établissements autoroutiers, ce qui génère des frais kilométriques importants rapidement dénoncés par les dirigeants des entreprises de transports routiers. C'est sur ce désastreux constat que les sociétés concessionnaires décident de ne pas en rester là : chacune d'entre elles réagit et fait jouer la concurrence mettant ainsi sur le marché la chaîne Jacques Borel. C'est la chaîne L'Arche qui remporte l'offre, remplaçant ainsi Jacques Borel en 1983. La concurrence s'installe dès l'année suivante avec l'arrivée d'autres chaînes. L'hôtellerie-restauration sur autoroute garde toujours une mauvaise image mais finit par s'en remettre au fil des années. Une autre qualité s'instaure progressivement tant sur la nourriture servie que dans l'agrément des lieux, des opérations de fidélisation et des promotions diverses ont aussi été mises en place surtout en faveur des usagers réguliers.

Notes et références

  1. Exemple dans un Arrêté royal publié au Moniteur, journal officiel belge
  2. www. presseportal. ch

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"de routes défoncées avec"

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